Témoignage

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- "La fin des 3 contrats aidés qui devaient être renouvelés en octobre met notre structure en danger. Nous étions pourtant inscrits dans une logique de
pérennisation de ces postes à l'horizon début 2019"

- "Notre association n'existerait pas aujourd'hui sans ces dispositifs, ces soutiens sont indispensables pour nous laisser le temps de développer notre projet
et de diversifier les ressources. Nous tenons à préciser que tous les emplois aidés dans notre structure ont basculé en CDI, sans exception."

- "Témoignage de l’association Le Cabanon des Minots
Crèche et micro-crèche parentales à l’Estaque

Le Cabanon des Minots est une structure d’accueil de la petite enfance qui fonctionne
depuis plus de 20 ans. Elle accueille une cinquantaine de familles de l’Estaque et de ses
alentours dans une réelle mixité sociale et culturelle. C’est un lieu de partage et de rencontres
pour les enfants, qui apprennent très tôt à vivre ensemble, mais aussi pour les parents qui tissent
des liens qui durent parfois toute une vie. La crèche met en place une politique d’inclusion avec
une dizaine de places réservées à des familles rencontrant une période complexe (situation de
handicap, urgence sociale, projet de formation etc.), ce qui permet à ces familles de déployer
d’autres f que la garde des enfants. Le taux d’encadrement (le nombre d’enfants par
professionnelle) dans cette crèche est supérieur à la moyenne nationale et cette présence est
renforcée par la participation des parents à la vie de la crèche (sur le temps de garde des enfants,
administration, bricolage etc.).
Le fonctionnement des deux structures (crèche et micro-crèche parentales) s’appuie sur
un modèle financier sain, stable et pérenne depuis plus de 20 ans, mais qui reste celui d’une
association à but non lucratif. Si la plupart des salariées actuelles en CDI ont intégré la crèche
par l’intermédiaire de contrats aidés, un dispositif qui nous permet d’embaucher à moindres
frais et à moindres risques, la politique de l’association est de pérenniser ces contrats si la
possibilité se présente. Nous avons ainsi signé cinq contrats CDI en 2016, dont trois qui
concernent directement des salariées précédemment en contrats aidés.
Concrètement, ce sont trois personnes dont les contrats n’ont pas été renouvelés à la
rentrée. Pour les deux crèches de l’association, la fin des contrats aidés signifie une perte de 2,6
équivalent temps plein dès le mois de Septembre 2017 et une quatrième personne dont le contrat
de 35 heures par semaine se termine en Mars 2018. Les heures manquantes concernent la
préparation des repas et la présence d’encadrants auprès des soixante-dix enfants qui
fréquentent le Cabanon des Minots, ce qui a un impact significatif sur la qualité d’accueil que
nous proposons, ainsi que sur le bien-être de ces tout-petits. L’équivalent, en terme de masse
salariale, de ces trois contrats aidés, ne nous permet même pas d’embaucher une personne à
temps plein en CDI.

Nous ne regrettons pas tant la fin des contrats aidés qui permettent à certaines entreprises
du secteur marchand de bénéficier de main d’œuvre à bon marché en plaçant les salariés dans
des situations précaires, mais nous réagissons fortement à la temporalité de cette annonce. Notre
association a effectivement entendu la volonté de suppression des contrats aidés en début d’été,
alors que l’année de fonctionnement touchait à sa fin et que les administrateurs bénévoles
s’apprêtaient à partir en congés. Après confirmation de cette annonce, nous avons dû agir en
urgence à la rentrée en annonçant à nos salariées que leurs contrats ne seraient pas renouvelés.
Cette précipitation pouvant parfois placer ces personnes dans des situations d’urgence, alors
que leur situation initiale est déjà précaire.
Une anticipation à 6 mois de la fin de ces contrats, avec mise en place d’un
accompagnement à la demande des employeurs nous aurait semblé autrement constructif. Nous
sommes également conscients que la fin des contrats aidés touche d’autres acteurs locaux qui
participent à la vie de notre territoire. Au-delà des effets d’annonce individuels, qui répondent
peut-être à des besoins spécifiques mais qui renforcent l’incompréhension à une échelle plus
large, nous demandons à ce qu’une réelle concertation soit engagée afin de définir les besoins
et les moyens au niveau local. Derrière les nécessités économiques, il importe de prendre en
compte les parcours individuels et les dynamiques sociales des habitants du Bassin de Séon.

Le Cabanon des Minots
Novembre 2017